Données du projet
Données de base
Données du bâtiment selon SIA 416
Description
Le bâtiment des bains fait partie d’une trilogie d’édifices complémentaires de l’hôtel Hof Weissbad, situés dans le paysage vallonné typique de l’Appenzell: le restaurant Flickflauder, avec sa structure en arcs de bois préfabriqués (2004, en collaboration avec Blumer Lehmann), l’atelier floral (2016, également avec Blumer Lehmann) et le bain Rondom, réalisé en 2023. Le remplacement du bâtiment historique de l’hôtel, à plan centré et accompagné d’extensions, présente une qualité architecturale moyenne. Le projet du bain n’a donc pas été conçu comme une extension supplémentaire dans le sens d’une «construction en continuité», mais comme un ouvrage autonome doté de qualités spécifiques, à l’instar du restaurant Flickflauder et de l’atelier floral. Les auteurs du projet se sont en outre laissés guider par deux principes architecturaux: d’une part, une réflexion thématique sur les formes possibles de production de l’espace (linéaire, surfacique ou volumétrique), et d’autre part le principe de «l’enveloppe stylistique et du noyau», une métaphore de Joseph Bayer. Dans un essai de 1886, l’architecte autrichien décrit ainsi l’évolution de l’architecture comme l’extraction d’un nouveau noyau à partir de l’enveloppe.
Le volume circulaire indépendant permet, dans la chambre paysagère resserrée dans laquelle il s’inscrit, des relations dans toutes les directions. L’espace intermédiaire avec le bâti existant dirige le regard vers la profondeur, en direction de la colline boisée. En référence à l’idée visionnaire d’une «architecture alpine» cristalline formulée par Bruno Taut au début du modernisme, le bâtiment des bains tend lui aussi à former une unité avec la nature. Le volume à deux niveaux, entièrement construit en bois, est enveloppé d’une peau vitrée dentelée. Celle-ci évoque un diamant taillé, tandis que des plantes suspendues semblent flotter depuis la toiture. Nature et architecture s’entrelacent ainsi pour former un ensemble symbiotique.
La structure à ossature bois en épicéa repose sur un sous-sol en béton coulé sur place, qui abrite les locaux techniques et les espaces de stockage. Le rez-de-chaussée et l’étage sont conçus de manière orthogonale selon le principe de la «maison dans la maison»: des volumes intérieurs intègrent des fonctions telles que l’escalier, l’ascenseur, la cuisine du bistrot, les sanitaires ou les vestiaires, et structurent ainsi les espaces de séjour en relation avec l’extérieur – à l’image d’un petit village réparti sur plusieurs niveaux. L’étage supérieur, de diamètre légèrement plus grand, constitue le cœur de l’ensemble: il accueille le sauna au foin, le sauna finlandais et le bain de vapeur. Les deux volumes de sauna disposent de grandes fenêtres ouvrant sur le paysage proche et le massif de l’Alpstein au loin, tout en étant protégés des regards extérieurs grâce à leur position surélevée. Les chaises longues ont été spécialement conçues pour le bâtiment des bains. Escalier et ascenseur mènent à la toiture, où se trouvent une terrasse centrale et une bordure végétale intensivement cultivée.
La façade vitrée, à l’expression marquée, est encadrée à l’extérieur par des fenêtres bois-métal peintes en blanc. La rive du toit est conçue comme un anneau en bois, également peint en blanc. Blumer Lehmann était responsable de la construction en bois et a réalisé l’ensemble de l’aménagement intérieur, la façade, la terrasse ainsi que les vitrages des saunas. Les plafonds intérieurs sont en bois lamellé-croisé. Dans le cadre d’un projet pilote, les murs et plafonds ont été traités avec un revêtement UV-Shield. L’aménagement intérieur est réalisé en bois massif de sapin blanc.
Outre les éléments en bois brut de sciage, les nombreuses surfaces vitrées caractérisent la façade du bâtiment en forme d’étoile. À la tombée de la nuit, le volume en bois s’illumine et dévoile son intérieur. Il en résulte un jeu de contrastes entre l’enveloppe extérieure dématérialisée et les qualités tactiles de la construction en bois à l’intérieur du bâtiment.
Le texte a été rédigé par Jutta Glanzmann, Lignum. Le projet a été soumis par op-arch et publié par Nina Farhumand.