Transformation et rénovation du centre culturel Marabu
4460 Gelterkinden,
Suisse
Publié le 01 avril 2026
Lehner + Tomaselli AG Architekten HTL/STV
Participation au Swiss Arc Award 2026
Données du projet
Données de base
Données du bâtiment selon SIA 416
Description
En août 2015, dans le cadre d’un mandat d’étude, la vision d’un centre culturel pour l’Oberbaselbiet a été développée. L’étude devait proposer une idée directrice pour les rénovations à venir ainsi que pour les usages des espaces. L’objectif principal était de garantir un fonctionnement aussi optimal que possible pour le lieu culturel. L’association Marabu a ensuite sélectionné, pour la poursuite des études et la réalisation, le projet soumis en octobre 2015 par le bureau lehnertomaselliarchitekten. Le bâtiment principal a été construit en 1822 comme école. À la fin des années 1950, le cinéma a été édifié dans la cour arrière, sur l’ancienne cour d’école. Son architecture caractéristique confère au lieu son charme particulier et contribue à la popularité du centre culturel. La préservation de l’un des derniers témoins de cette époque, avec son caractère spécifique, était essentielle du point de vue de la protection du patrimoine. Le bâtiment est classé d’intérêt communal et était resté pratiquement inchangé dans son état d’origine. Toutes les interventions ont été réalisées avec le plus grand respect et dans le but de préserver l’architecture des années 1950. Grâce au nouveau foyer aménagé côté Schulgasse, le bâtiment du cinéma, auparavant dissimulé dans la cour arrière, devient désormais perceptible depuis la rue. Le Marabu gagne ainsi en présence au cœur du village, et sa visibilité ainsi que son importance dans la région sont renforcées.
La transformation du Marabu a nécessité de relever plusieurs défis particuliers. La cave voûtée existante, accessible depuis l’extérieur, a été intégrée de manière fonctionnelle dans le nouveau concept spatial. L’ancien local de la cuve à mazout a ainsi été transformé en loge pour les artistes. Par ailleurs, les processus d’exploitation ont pu être optimisés grâce à la création de nouveaux espaces de stockage et de zones techniques. Les interfaces entre les constructions issues de différentes époques, ainsi que les exigences liées aux standards actuels de la technique du bâtiment, ont constitué un défi majeur. Grâce à une analyse approfondie du concept chromatique et matériel existant et à son développement dans le nouveau projet, l’identité du lieu chargé d’histoire a pu être préservée. La structure de toiture du cinéma, devenue insuffisamment porteuse, a dû être remplacée, tout en conservant le plafond en plâtre classé à l’intérieur. Dans le respect du bâti existant, l’ensemble des installations techniques ainsi que la rénovation énergétique complète ont été réalisées. Les mesures de protection incendie et d’acoustique ont été intégrées de manière subtile dans l’architecture. Les issues de secours à travers la cour intérieure ont pu être assurées en tenant compte du contexte voisin. Les exigences de la rénovation énergétique ont eu un impact sur le déroulement du chantier: l’isolation des façades extérieures, en raison des incertitudes liées aux coûts, n’a été définitivement décidée qu’en cours d’exécution. L’extension du foyer dans le bâtiment principal a nécessité une intervention structurelle complexe et inattendue. Un mur en moellons a dû être repris en sous-œuvre et un plancher renforcé.
Malgré la situation en centre de village, il a été possible, en collaboration avec le service cantonal du patrimoine, d’installer des modules photovoltaïques sur les surfaces de toiture non visibles. Le projet initial a pu être développé de manière continue, à mesure que nous apprenions à mieux connaître et comprendre le bâtiment. Les besoins de l’association en tant qu’utilisatrice ont également évolué au fil du projet, tout en poursuivant dès le départ l’objectif d’assurer la pérennité de l’utilisation du Marabu. Avec la création de la fondation en 2020, la représentation du maître d’ouvrage s’est professionnalisée, mais également complexifiée. Il s’agissait désormais de prendre en compte les souhaits et attentes de différents groupes d’intérêt. Tout au long du processus de conception et de réalisation, la gestion de ressources financières limitées a constitué un défi majeur.
Qu’est-ce qui caractérise particulièrement ce projet?
Le Marabu possède un charme particulier. Le bâtiment est l’un des derniers témoins historiques du centre du village de Gelterkinden. Du point de vue de la conservation du patrimoine, sa préservation était essentielle. Classé d’intérêt communal, il était, au début du projet, pratiquement intact dans son état d’origine. L’ensemble se compose du bâtiment principal construit en 1822 le long de la Schulgasse, qui abritait autrefois une école, et du cinéma édifié dans les années 1950 dans la cour.
Quelle est l’inspiration du projet?
Notre objectif était de préserver l’architecture des années 1950. Toutes les interventions ont donc été réalisées avec la plus grande retenue.
Quel rôle ont joué le site et l’existant dans le projet?
Comme mentionné, le bâtiment du cinéma est dissimulé dans la cour arrière et n’est pas visible depuis la Schulgasse. Grâce au nouveau foyer aménagé dans le bâtiment principal, il apparaît désormais sur la rue. Le Marabu gagne ainsi en présence dans le centre du village de Gelterkinden. La perception et l’importance du cinéma à l’échelle locale et régionale ont été renforcées par la transformation.
Dans quelle mesure le maître d’ouvrage, les commanditaires ou les futur·e·s utilisateur·rice·s ont-ils influencé le projet?
Dans la phase initiale du projet, entre 2015 et 2020, l’association Marabu était notre mandataire. À partir de 2020, la Fondation Marabu – centre culturel pour l’Oberbaselbiet a repris ce rôle. Nous avons progressivement appris à mieux connaître et comprendre le bâtiment. Le projet initial a été continuellement développé. Les besoins de l’association en tant qu’utilisatrice ont également évolué au cours du projet, tout en poursuivant dès le départ l’objectif de garantir la durabilité de l’usage du Marabu. Avec la création de la fondation en 2020, la représentation du maître d’ouvrage est devenue plus professionnelle, mais aussi plus complexe. Il s’agissait désormais de prendre en compte les attentes de différents groupes d’intérêt. La gestion de ressources financières limitées a constitué un défi majeur tout au long du processus.
Le projet de Fiechter & Salzmann Architekten a été soumis dans le cadre du Swiss Arc Award 2026 et publié par Nina Farhumand.