Arc Mag 2026–3 montre que préserver peut être un progrès
Préserver, c’est progresser
Dans le discours architectural, la transformation du bâti existant s’est imposée comme une idée directrice à portée éthique. La construction neuve est de moins en moins considérée comme une réponse évidente aux exigences et aux enjeux contemporains. La conservation, la transformation, la réaffectation, la rénovation et l’ajout attentif de matière au bâti existant deviennent progressivement l’approche privilégiée.
Pour que la culture du bâti devienne véritablement une culture de la transformation, beaucoup reste toutefois à faire: les logiques de marché, le droit de la construction, les modèles d’investissement et les routines d’évaluation du secteur continuent d’alimenter la machine de démolition et de reconstruction. Les médias d’architecture sont ici appelés à faire valoir plus fortement leur influence. Afin de soutenir cette transformation, Arc Mag consacre depuis plusieurs années déjà un numéro spécifique à ce thème à la fin de l’été.
On observe actuellement un déplacement des modes de légitimation: alors que la transformation du bâti était auparavant justifiée principalement par la protection du patrimoine, l’atmosphère ou l’intégration urbaine, le bilan climatique constitue aujourd’hui l’argument le plus décisif. Parallèlement, elle n’est plus seulement comprise comme une tâche technique, mais comme une posture culturelle et projectuelle. Réparation et sollicitude s’inscrivent désormais au cœur d’une recomposition éthique. Les architectes apparaissent moins comme des créateur·rice·s autonomes ex nihilo que comme des acteur·rice·s qui entretiennent, transforment et font évoluer des structures spatiales, matérielles et sociales existantes.
Dans cette perspective, le présent numéro propose cinq projets dans lesquels passé, présent et avenir sont mis en relation de manière renouvelée. Le fait qu’il s’agisse – comme dans le premier numéro de cette année – presque exclusivement de bâtiments publics n’est pas un hasard: dans le contexte du débat sur la densification, le renforcement de l’espace public apparaît comme un vecteur tout aussi central. Si l’on construit moins de nouveau, il s’agit d’actualiser et de compléter les lieux et institutions existants.Le numéro trace ainsi un arc allant de Rapperswil à Los Angeles, en passant par Winterthour et Pratteln, avec des projets qui peuvent être lus comme des réservoirs de savoir et du capital urbain: comme des mémoires collectives, des archives spatiales et matérielles d’usages, de pratiques sociales et d’inscriptions culturelles.
Abonnez-vous dès maintenant, pour recevoir le dernier numéro dans votre boîte aux lettres d'ici quelques jours.
Nous vous souhaitons une lecture enrichissante!
