Logements quartier Pré-Colomb

 
1290 Versoix,
Suisse

Publié le 14 mars 2026
Joud Beaudoin Architectes Sàrl
Participation au Swiss Arc Award 2026

Balcons-loggias d'angle Balcons-loggias d'angle Façade sur jardin sud Façade d'entrée nord Détail chaux-chanvre et briques de parement Mise en oeuvre du chaux-chanvre banché Détail des loggias et des garde-corps jardinières Vue depuis un séjour type Vue d'une loggia d'attique Double porte séjour-cuisine Espace de vie fluide Le jeu des portes Domesticité d'un balcon-loggia type La cuisine centrale d'un appartement en attique La cage d'escalier

Données du projet

Données de base

Situation de l'objet
Avenue de Choiseul 17AB, 1290 Versoix, Suisse
Catégorie de projet
Type de bâtiment
Achèvement
11.2025
Liens

Données du bâtiment selon SIA 416

Étages
de 3 à 5 étages
Nombre de sous-sols
1 étage
Nombre d'appartements
19
Surface de terrain
2142 m²
Surface de plancher
3130 m²
Surface utile
1295 m²
Volume bâti
9970 m³
Coûts de construction (BKP 2)
9,9 mio. CHF
Places de parking
15

Description

L’espace augmenté du logement minimal
Le nouvel immeuble de logements d’utilité publique vient compléter le quartier Pré-Colomb à Versoix, en se développant au sein d’un gabarit déjà prédéfini et relativement limité. Le projet consiste ainsi, dès le concours, à un exercice d’adresse typologique pour compenser, dans l’impression spatiale autant que dans l’usage, les surfaces locatives restreintes et rechercher ce que nous appelons «l’espace augmenté du logement minimal».

La première mesure consiste en une polyvalence des séjours, systématiquement positionnés en terminaison du plan, soit comme des pièces non traversantes et pouvant être fermées. A l’instar des plans traditionnels à pièces, dont la flexibilité à différents types de ménages et de mode de vie est depuis longtemps éprouvée, le séjour se prête à différentes appropriations et des situations transitoires (chambre d’amis, colocation, télétravail). Leur disposition vise également à élargir l’impression d’espace en se positionnant dans le prolongement de la cuisine et de la loggia. Les possibilités du logement sont ainsi augmentées par des dispositifs donnant de la continuité au regard et au mouvement.

La deuxième mesure consiste en des prolongements extérieurs généreux, dont l’importance a été remise en évidence par la pandémie du Covid 19 qui, au moment même du concours, cantonne chacun chez soi et requestionne la notion du confort. Pris dans le volume du bâtiment, ils sont élargis d’un débord minimal mais suffisant, pour le mettre systématiquement en relation avec le séjour et la cuisine. Leur traitement architectural et matériel rend délibérément ambigu leur statut intérieur ou extérieur; le travail fin de leur fermeture, par la déclinaison des garde-corps et des filtres, cherche un degré d’ouverture propice à leur appropriation, pour l’offrir comme une véritable pièce extérieure.

Une construction biosourcée en chaux-chanvre banché
L’expression du projet cherche à se mettre au diapason avec l’aspect minéral des bâtiments du quartier, tout en développant un caractère propre sur la base de matériaux bruts. Au lieu d’une construction entièrement en béton, le projet fait intervenir une maçonnerie traditionnelle en terre cuite qui est recouverte d’une couche de chaux-chanvre banché – formant l’une des premières façades de ce type en Suisse romande. Le béton de chaux-chanvre sert à la fois d’isolation thermique et de revêtement extérieur, et compose avec la brique alvéolaire une façade perspirante sans autre couche supplémentaire. Les prolongements extérieurs se manifestent par un traitement différencié, qui met cette fois la brique en parement pour appuyer leur caractère domestique.

  • Le projet questionne les surfaces minimales du logement social genevois, au sein d’un gabarit restreint par un Plan de quartier existant et d’un plan financier contrôlé (logements subventionnés LUP et ZDLOC).
  • Conçu pendant la pandémie du Covid-19, le concours a été un terrain exploratoire; l’exercice typologique s’est focalisé sur l’importance et la composition des prolongements extérieurs, la mesure des pièces et leur relation, la polyvalence des usages.
  • Des dispositifs peu courants dans le logement locatif ont été soutenus par le maitre d’ouvrag: des portes à double vantail et toute hauteur ont été imaginées pour laisser l’opportunité aux locataires de fermer les séjours comme une pièce en soi et d’utiliser leur espace de vie de différentes manières.
  •  Nos 10 années d’enseignement et de recherche sur le logement collectif au laboratoire de théorie et d’histoire de l’architecture (EPFL-LTH2) nous ont permis de mettre en pratique notre intérêt pour l’évolution des modes de vie et la conception de l’habitat contemporain.
  • La durabilité et les matériaux biosourcés ont aussi été des enjeux en cours de développement du projet, pour une construction plus vertueuse. La façade en chaux-chanvre banché, réalisée par l’artisan Pascal Favre (Arbio), est l’une des premières en Suisse romande pour un immeuble de ce type. Pisé à la main, le béton de chaux-chanvre est laissé brut et il garde la lecture de sa mise en œuvre artisanale, offrant une domesticité à la façade.
  • Lors du concours, nous avions conçus le bâtiment en structure bois mais la composition du plan et des typologies se prêtaient finalement mal à une construction bois optimale. En cours de développement, la structure et les cloisonnements intérieurs ont été repensés en maçonnerie, renouant avec les constructions traditionnelles de briques en terre cuite.
  • Au niveau paysager, la parcelle est largement végétalisée et arborée; un cours d’eau a également été remis à ciel ouvert pour renaturaliser la parcelle et créer des continuités paysagères et de biodiversité. Les eaux de pluie sont entièrement réinfiltrées sur le site par des ouvrages paysagers spécifiques.

Le projet Joud Beaudoin Architectes a été soumis au Swiss Arc Award 2026 et publié par Nina Farhumand.

212493900